Désinfection et déparasitage des locaux
Introduction :
Lorsque la catastrophe arrive, la première chose qui s’impose, c’est de sauver nos pensionnaires en leur apportant les soins adéquats et ce, lorsque la cause du problème a été mise en évidence ; ensuite, on jure qu’on ne nous y reprendra plus ! ! !
C’est dans ce but que cet article a été rédigé ; afin d’éviter, quand c’est possible, le développement de toutes les petites et grandes misères qui empoisonnent nos rêves d’éleveur ; je ne parlerai donc pas du traitement de ces maladies mais bien des différentes manières de les éviter : La prévention par la désinfection ! ! Certains objecteront que, dans la nature, les animaux ne reçoivent pas de soins et encore moins de médicaments en tout genre ; mais force est de constater que, malgré nos efforts pour héberger au mieux nos oiseaux, nous ne pourrons jamais leur offrir les mêmes conditions de vies ; au mieux, nous leur évitons les prédateurs.
Divers éléments entrent en ligne de compte : la surpopulation sur un espace restreint qui influence très largement la transmission des parasites, une part non négligeable de consanguinité qui donne des animaux moins résistants face à certaines pathologies, l’introduction de nouveaux animaux provenant de milieux à risque,…
Who’s who ?
Il est reconnu de longue date que pour bien combattre son ennemi il est nécessaire de bien le connaître. Les oiseaux, comme toutes les espèces vivant sur cette planète, doivent faire face à diverses agressions. Nous les distinguerons en plusieurs catégories, car chacune a sa propre manière de fonctionner, avec ses forces et ses faiblesses.
I/ Les parasites : dans cette famille, nous retrouvons les parasites internes et externes ainsi que les coccidies ; leur mode de reproduction se fait généralement par des œufs et c’est par ceux-ci que les animaux se contaminent mais c’est également sous cette forme qu’ils sont le plus résistants. Il est à remarquer qu’avant de parasiter nos oiseaux, ils passent souvent par ce qu’on appelle des hôtes intermédiaires ; parmi les plus fréquents, on retrouve les invertébrés tels escargots, limaces mais aussi les puces, les rats et les souris ; pour le contrôle de ces derniers, de précédents articles ont traité de long en large la question et je ne reviendrai donc pas sur le sujet .
II/ Les champignons et levures : ils ont la particularité de se développer dans des endroits relativement chauds et humides ; c’est pouquoi ils trouveront un terrain favorable à leur développement dans les couvoirs ainsi que dans les éleveuses où ils contaminent les jeunes animaux.
III/ Les bactéries : on peut les classer en deux grandes catégories : celles qui se développent en présence d’oxygène (les aérobies) et celles qui se développent sans oxygène (les anaérobies). Elles sont plus ou moins résistantes dans le milieu extérieur mais peuvent être détruites par des substances bactéricides.
IV/ Les virus : ils ont besoin des cellules de l’organisme pour se reproduire ; il n’existe pas de traitement comparable aux antibiotiques ; seules la vaccination et la prévention par la désinfection permettent d’éviter ce fléau.
La difficulté dans la désinfection de nos élevages se résume en 3 points :
- l’impossibilité, dans la majorité des cas, de faire un vide sanitaire,
- le manque de disponibilité des produits adéquats dans des conditionnements adaptés à de petites unités,
- le manque de connaissance de l’agent causal.
Procédure
I/Nettoyage.
Cette étape est grandement influencée par la texture du sol, que ce soit celle de l’abri ou du parcours, un sol meuble apportant toujours plus de problèmes qu’un sol en dur.
Pour ce qui est des sols meubles (terre, sable,…), la meilleure manière de procéder est le renouvellement à intervalles réguliers du substrat : il est bien évident que ce travail est lourd aussi bien en coût ou qu’en main d’œuvre.
Pour les sols et parois en dur (béton, briques, bois,…), une première étape est l’élimination maximale des matières organiques (fientes, plumes, déchets alimentaires,...), la méthode de choix étant l’utilisation d’un nettoyeur à haute pression type Karcher. Si, de surcroît, il est équipé d’un système à eau chaude, le résultat n’en sera qu’amélioré. Mais pour tirer le meilleur bénéfice de cette technique, il me semble nécessaire d’insister sur quelques points :
- des pressions trop élevées risquent d’endommager les matériaux ; un pré-trempage effectué la veille améliorera l’efficacité,
- il est souvent utile d’ajouter un détergent pour maîtriser les souillures grasses (surtout si on utilise de l’eau chaude),
- pour améliorer l’efficacité du jet, il faut le diriger obliquement sur la surface avec un angle de ± 40 °.
Un nettoyage, même effectué dans de très bonnes conditions, ne supprime que 70 à 90 % des germes présents : maintenant, il faut éliminer les germes restants !
II/Désinfection.
La première remarque est qu’il n’y a pas de désinfectant idéal !
Les désinfectants sont généralement classés selon différents critères :
- action sur les différents agents pathogènes
- rapidité d’action et la durabilité (la rémanence !)
- efficacité en présence de matières organiques
- interaction avec les constituants de l’eau (lorsque l’eau est calcaire, acide, contient du plomb, du fer, …)
- action préservée avec un détergent
- action corrosive sur les bâtiments et le matériel
- toxicité pour l’homme et les animaux
- compatibilité avec les insecticides
- facilité d’emploi et économie.
Comme signalé précédemment, la grosse difficulté dans nos élevages, c’est l’impossibilité de faire un vide sanitaire qui laisserait libre cours à l’emploi d’un éventail beaucoup plus large de produits. Au mieux, pouvons-nous isoler quelques jours les occupants d’une volière dans un espace restreint, le temps de procéder aux différentes étapes. Ce critère, ainsi que d’autres stipulés plus haut, détermineront le choix de l’agent de désinfection ; le tableau joint reprend de manière détaillée les différentes caractéristiques de ces produits, en restant bien conscient que ceux qui semblent les plus intéressants sont souvent les plus onéreux.
Les agents de désinfection :
Dans cette partie je reprendrai plus en détails certains types de substances avec des applications un peu plus précises concernant les dosages ; je citerai quelques noms de produits que l’on trouve normalement sans peine dans notre pays, que ce soit dans les drogueries ou chez votre vétérinaire, mais il est bien évident que cette liste n’est pas exhaustive.
Désinfectants minéraux.
La soude : (NaOH) c’est la lessive de soude du commerce à 400 g de soude par litre d’eau que l’on dilue à la concentration de 8 à 10 pour mille sur les sols et les parois ; elle est caustique pour la peau, le bois, les métaux, le linge… ; elle n’est pas compatible avec les insecticides (type organophosphoré).
La chaux : (Ca(OH2) on utilise surtout le lait de chaux qui blanchit les murs et témoigne ainsi de leur désinfection :
- lessive de soude 200 ml
- chaux vive 500 gr
- Teepol 100 ml
- eau 10 L
Le superphosphate de chaux (engrais) a une action bactériostatique et bactéricide en asséchant les litières et en améliorant la qualité des fumiers : 20 g/m²/jour ou 100 - 200 g/m²/semaine (Biosuper confort plus*).
La cyanamide calcique (Perlka*) qui est utilisé comme amendement et purifiant des sols à la dose de 2 kg par 100 m² ; sur surface herbeuse, l’épandage se fera à la rosée, le soir ou le matin ; sur surface sableuse, on pratiquera un léger griffage avant d’arroser. Dans les deux cas, il faudra fermer l’accès aux animaux pendant 2 semaines.
Les Halogènes.
Le chlore :
- les Hypochlorites (eau de Javel, eau de Dakin) : peu coûteux, ont une action rapide.
Dosage : - à 12° chlorométrique : 1L/10L soit 10 %
- à 48° chlorométrique : 250 ml/10L soit 2,5 %
- la Chloramine : peu irritante et plus efficace en présence de matières organiques mais son action est plus lente et plus coûteuse d’emploi. On l’utilisera surtout dans la désinfection de l’eau de boisson (Clonazone compr. à 250 mg)
L’iode :
Stable en solution, très efficace mais assez cher, son utilisation est surtout réservée aux pédiluves et à la désinfection du matériel (il existe d’ailleurs une base savonneuse).
On trouve des préparations avec une concentration d’iode à 10 % (Povidone iodine, Isobétadine*).
Utilisation : - 500 ppm pour des pédiluves soit 50 mL/L
- 100 - 250 ppm pou la désinfection du matériel, soit 10 à 25 mL/L.
Les Huiles Essentielles.
Ces huiles utilisées en émulsion ont un certain pouvoir désinfectant, insecticide et acaricide ; leur action reste efficace en présence de matières organiques. De plus, elles libèrent une odeur agréable. On retrouve das ces huiles le Pin Douglas, le Pin maritime, la Citronelle, l’Oranger, le Pamplemousse,…A base de terpinéol (Misoseptol*), on utilise pour la pulvérisation une concentration à 5 % et pour la nébulisation une concentration à 25 %.
Les Ammoniums quaternaires.
Dans cette famille, nous retrouvons des substances au potentiel mouillant remarquable avec un propre pouvoir détergent, ce qui permet, malgré leur faible efficacité, de les associer à d’autres substances désinfectantes.
Les Dérivés de Phénol.
Phénols naturels crésiliques : ce sont des extraits du goudron ; leur forte odeur ainsi que leur rémanence peuvent induire un risque toxique pour les animaux. On retrouve dans cette catégorie la Créoline.
Phénols de synthèse phénoliques : Grâce à la chimie, on a réussi à se défaire des inconvénients des phénols naturels en leur associant une efficacité accrue contre toutes les formes de bactéries. Dans cette catégorie, on retrouve le Dettol.
Les Aldéhydes.
*Glutaraldéhyde : peu utilisé à l’heure actuelle, il était généralement dilué à 2 %.
*Formaldéhyde ou formol : le formol du commerce se présente à une concentration de 30 à 40 % ; il peut être utilisé sous deux formes :
- en solution dans de l’eau : utilisation de solutions de 0,5 - 3 %, soit +/- 100 mL
de préparation du commerce dans 1 litre d’eau.
- sous forme de gaz : formol solution + permanganate = formol gazeux : formation d’une mousse
avec une réaction chimique intense ; on utilisera des récipients assez hauts, pas en plastic,
dont la contenance sera égale à 4 x le volume de produit ; on répartira ceux-ci, de manière homogène,
dans l’ensemble du bâtiment ; on déposera le permanganate de potassium AVANT le formol !
Cet espace restera fermé pendant 24 heures avant une large aération .
- formol du commerce 40 mL
- KMnO4 (permanganate) 20 g
- Eau 40 mL
par mètre cube à désinfecter.
A côté de ces constituants purs, on retrouve beaucoup de préparations contenants plusieurs de ces éléments ce qui permet souvent d’en accroître encore l’efficacité.
Citons entre autres : - P3 INCIDIN V (ammonium/glutaraldéhyde/formaldéhyde)
100 mL/10 L
- D4+ (ammonium/glutaraldéhyde/formaldéhyde)
solution à 1% soit 100 mL/10L.
- ASEPTOL 2000 (ammonium/glutaraldéhyde)
soit solution à 0,5-1 % en pulvérisation.
- PROXITANE AHC (acide peracétique + eau oxygénée)
soit solution à 0,2 - 2,5 % selon usage.
- BACTINYL (amonium, huiles essentielles,…)
prêt à l’usage.
Pour terminer, 3 remarques :
1/ pour avoir une désinfection efficace, il est nécessaire d’utiliser de 0,3 à 0,4 litres de préparation par m² en laissant un temps d’action de minimum ½ heure.
2/ Tout ces produits sont potentiellement dangereux pour la personne qui les applique et il faut toujours bien respecter les consignes données par le fabriquant et bien se protéger le corps et les yeux ;
3/ S’il fallait tirer une conclusion rapide de cet article parfois un peu trop chimique à mon goût, c’est l’importance du nettoyage avant toute application du désinfectant. Cette étape mérite d’envisager de manière plus rationnelle l’élaboration de nos installations en ce qui concernent les matériaux des volières et des parcours.
Pour la poésie et… pourquoi pas…je vous livre ici une recette homéopathique censée renforcer l’immunité de nos oiseaux, en s’inspirant d’un vieil adage qui nous dit : « Occupez-vous de vos animaux, ils s’occuperont de leurs parasites « 1.
- calcarea carbonica 3 CH
- lycopodium 3 CH
- sulfur iodatum 3 CH
à parts égales pour un flacon de 15 mL, 10 gttes/litre d’eau, 10 jours/mois.
1 Alain Boutonnet, vétérinaire allopathe et homéopathe dans les Alpes du Sud.
Sans oublier le traditionnel vinaigre de cidre pour les préventions des coccidies :
1 càc/2 litres, en prévention 1 semaine à 10 jours/mois,
1 càc/1 litre, en curatif 10 jours.
Ajoutons à cela une bonne dose de vitamines et de verdures, et tous nos efforts finiront par être récompensés.
Bon travail !
Bibliographie :
- Largement inspiré de Maladies des Volailles, Manuel Pratique (Villate Didier, éd. France Agricole, Juillet 1998).
- Approche prophylactique et thérapeuthique de la production de volaille (Drs M.Strurbois et C.Quinet, conférence du 02/10/03 à Libramont).
Actif en eau calcaire Actif en présence de mat.organ. Actif avec détergent Toxique pour les animaux Action corrosive Action renforcée par la chaleur Rémanence Odeur Pédiluve
Rotoluve
Soude caustique 0 0 0 +++ +++ +++ 0 0 +/-
Hypochlorites +/- 0 0 +/- +++ +++ 0 +/- +/-
Chloramines +/- +/- +++ 0 +/- +++ +/- 0 +/-
Iodophores +/- +/- +++ irritant +++ 0 0 faible +++
Huiles essentielles +++ +++ 0 0 rouille 0 +/- agréable 0
Ammoniums quaternaires 0 0 0 0 0 +++ 0 0 0
Ampholites +++ +++ Propre pouvoir détergent 0 0 +++ 0 0 +++
Formol +/- 0 0 +++ +++ +++ 0 forte 0
Phénols naturels +++ +++ +++ +/- 0 +++ +++ forte +++
Phénols de synthèse +++ +++ +++ 0 0 +++ +++ faible +++
Tableau 1 ( +++ = action forte, +/- = action faible, 0 = action nulle)
Les conditions d’une bonne saillie
Pour les jeunes femelles
Ne pratiquer la premier accouplement ni trop tôt, ni trop tard.
Trop tôt : l’animal est incomplètement formé
Trop tard : la femelle peut déjà être trop grasse.
En règle générale pour les races moyennes, les premières saillies se font entre 4 et 5 mois pour les femelles, à condition qu’elles pèsent au moins les ¾ de leur poids d’adultes.
Par exemple, une lapine Blanc de Termonde qui pèse un peut plus de 5kilos à l’âge adulte sera saillie entre 4 et 5 mois si elle atteint le poids de 4 kilos.
Il faut rationner les femelles jeunes, au moins trois semaines avant leurs présentations au mâles, ne pas dépasser 120 à 140 grammes de granulés par jour, procéder à une distribution d’avoine germée (50 à 60grammes) les trois jours qui précèdent la mise au mâle.
Diminuer alors la ration de granulé d’un quart.
Mettre les jeunes femelles en cages individuelles 3 semaines au moins avant la 1ère saillie. Ce point est très important. Des jeunes femelles logées ensemble, s’excitent mutuellement ; il y a libération d’ovules, formation de corps jaune, et une fausse gestation qui les rend infécondes pendant 17 à 18 jours.
A la fin de cette fausse gestation, une femelle s’arrache parfois les poils et commence un nid, ce qui amène une grande perplexité chez celui qui n’a jamais vu ce comportement.
Pour toutes les femelles
Choisir le moment de la journée la plus chaude, un jour de dégel
Toujours mettre la femelle dans la cage du mâle et jamais l’inverse
Si la femelle se refuse, s’aplatit ou au contraire se montre agressive, la retirer immédiatement
Si les refus continuent malgré plusieurs essais, la mettre dans une grande cage avec le mâle en les séparant par un treillis de façon à ce qu’ils s’habituent à leur présence mutuelle. L’odeur du mâle, de son urine surtout, a un effet aphrodisiaque sur la femelle.
Représenter la femelle au mâle 12 heures après la première saillie
Les femelles rétives sont présentées au mâle tous les deux jours
Essayer de changer de mâle si les refus continuent
Vérifier si les femelles n’ont pas de plaies aux pattes, ce qui rend la saillie pénible.
Comment détecter les chaleurs ?
Attention, les signes suivants apparaissent rarement tous ensemble.
La lapine se promène avec du foin en bouche
La lapine est couchée, l’arrière-train relevé
Elle se frotte le menton sur la cage
Elle a les oreilles chaudes
La vulve est gonflée,
Si elle est rouge, il y a 80% de chance de réussite
Si elle est violacée, 50%
Si elle est rose, 20%
Si elle est blanche, aucune chance de réussite.
En théorie, la femelle, la femelle est féconde 12 jours sur 16, ce qui est tout à fait remarquable.
La lumière joue un grand rôle dans la fonctionnement hormonal, donc sexuel de nos lapins. Mieux les cages seront éclairées, moins il y aura de refus. Dans les élevages industriels, on donne 16heures de lumière par jour aux reproductrices. Plus l’environnement est obscur moins bonne sera la reproduction.